Le 15 février à Toulon
Dans le cas spécifique de la SNCM, la CGT marins dénoncent l'ouverture d'une ligne au départ de Toulon, dont la première traversée devait avoir lieu vendredi 27 janvier. Depuis Le Corse était bloqué. L'évacuation a eu lieu le 14 février.
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Une ligne "structurellement déficitaire" face à la concurrence de Corsica Ferries, estiment les grévistes qui bloquent depuis le lundi 23 janvier le navire « Le Corse » à Marseille.La CGT a déposé un préavis reconductible, spécifique à ce navire. Le but évident était d’empêcher la réouverture de la ligne entre Toulon et la Corse.
Le contexte social
"Des procédures disciplinaires allant de la mise à pied jusqu'au licenciement ont été engagées par la compagnie", affirme la direction dans un communiqué, soulignant que le TGI de Marseille, saisi en référé, avait jugé "illicite" le mouvement du début de semaine du 23 janvier.
Le syndicat, dénonçant une "décision unilatérale", a boycotté jeudi 26 janvier au matin un comité d'entreprise extraordinaire (CE) portant sur la "dénonciation des accords et usages" des personnels navigants, en vue de plus de souplesse dans l’utilisation des équipages. Le CE a en conséquence été ajourné à la demande du Syndicat des travailleurs corses (STC). Le STC est pour le retour de la SNCM à Toulon. Même position pour le syndicat des cadres, la CGC. Syndicats et direction sont d’accord sur un point. Si le futur service public n’est pas étendu à Toulon, la SNCM risque de disparaître. Ce conflit intervient, alors que la SNCM avait regagné 27% de part de marché sur le port de Marseille. Son sort est dans les mains de l’assemblée de Corse et…. de l’Etat.
Le contexte juridique et politique
Les 20 et 21 Février, l’assemblée de Corse étudiera un rapport de l’Office des Transports de la Corse. L’OTC devrait fixer le contenu du futur service public maritime qui reliera la Corse au continent français. La question est peut être tranchée, mais la réponse n’est pas connue.
Le futur service public (DSP) va-t -il intégrer le port de Toulon. La direction de la SNCM le souhaite, la CGT également.
La Corsica Ferries France y est opposée. La CCI du Var doute de l’intérêt de cette extension de la DSP à Toulon. La CCI a demandé un avis à la Haute Autorité de la Concurrence, qui a entendue les différentes parties, le mardi 24 Janvier. Cet avis, éminent, de la HAC sera observé à la loupe par l’OTC et l’assemblée de Corse qui dessineront le futur service public.
Toulon-Bastia
Le Corse effectuera sa première traversée Toulon-Bastia vendredi 17
Le Corse, le navire de la SNCM débloqué mardi soir par les forces de l'ordre après avoir été maintenu à quai à Marseille depuis trois semaines par des grévistes de la CGT, effectuera vendredi à 20H sa première traversée Toulon-Bastia, a annoncé mercredi à l'AFP une porte-parole de la direction de la compagnie. Cette traversée sera la première de la nouvelle ligne Toulon-Bastia au coeur du conflit qui opposait une vingtaine de grévistes à la direction de la SNCM et s'est soldé mardi soir par l'évacuation du navire par les forces de l'ordre. La compagnie considérait la grève comme illicite, estimant que ces marins ne faisaient pas régulièrement partie de l'équipage. La CGT, qui assurait que la grève était légale, affirme que l'ouverture d'une liaison entre Toulon et la Corse a "pour but de faire le jeu de la Corsica Ferries en défendant le maintien des subventions qui lui sont attribuées au titre des fameuses aides dites sociales, tout en réduisant le périmètre du service public". Mardi, une nouvelle ordonnance du tribunal de grande instance (TGI) de Marseille a intimé aux marins grévistes de lever le blocage. Dans cette ordonnance, le TGI indiquait "que le droit de grève n'emporte pas celui de disposer des biens de l'employeur" et considérait que l"occupation pérenne du Corse (...) par des marins grévistes ou des salariés étrangers à la liste d'équipage, qui à pour conséquence de rendre impossible l'appareillage du navire dans le cadre de l'exploitation commerciale de celui-ci, est constitutive d'un trouble manifestement illicite." Dans la soirée, quelque 150 fonctionnaires de police (GIPN et CRS) sont intervenus pour débloquer le navire qui a appareillé vers 23h50 pour Toulon. L'intervention s'est passée "dans le calme et sans incident", selon la préfecture. Le représentant de la CGT Frédéric Alpozzo a fait part de l'intention de son syndicat de s'entretenir avec les élus corses de cette nouvelle liaison qui signe, selon lui, la mise à mal "de la continuité territoriale" entre l'Ile de Beauté et le continent. (Source: AFP)



