Dans la nuit du 9 au 10 Mars 2009, les élus de l’Assemblée de Corse ont voté, à l’unanimité, la concession de service public pour les liaisons aériennes entre les quatre aéroports de Corse et trois plateformes du continent (Marseille, Nice et Paris-Orly).
Ce contrat de trois ans concerne les actuels concessionnaires des Obligations de Service Public, le pool Air-France/C.C.M. Il s’agit, sans doute, de la dernière concession publique sous la forme actuelle. La tendance est aux économies et au redéploiement de l’argent public.
Un débat avec une unanimité… apparente
Dans la tribune réservée au public, des employés d’Air France écoutent, attentifs, les interventions des élus de l’Assemblée de Corse. Dans une autre salle, des employés de
A la veille du débat devant l’Assemblée de Corse,
Ce dernier était présent durant toute la durée du débat à l’Assemblée de Corse.
Dans l’hémicycle, le débat n’est pas très animé. Cependant quelques piques fusent. Principalement dans trois directions : l’Etat, Easy Jet et … Air France. Jean Claude Guazzelli, du groupe « Corse Active » se livre à une longue intervention, majoritairement tournée contre la compagnie nationale, en trouvant le moyen de ne quasiment pas la nommer. Plus clair, Jean Guy Talamoni du groupe « Unione Independente » fait passer l’idée que l’accord qui lie les deux compagnies n’est pas forcement « équilibré ». Si la majorité des élus insulaires semblent se féliciter de l’attribution du marché au pool C.C.M./Air-France, pour Jean Christophe Angelini du P.N.C. « Le danger n’est pas écarté… il faut garder le Paris dans le giron des O.S.P. ». Le tocsin sonne sur les lignes Paris-Corse. Pour François Xavier Marchioni de « Corse Social Démocrate », « Easy jet vient rogner le marché public ». Il ajoute : « Il serait désastreux de limiter un jour, le service public au seul bord à bord ». Personne n’a vraiment soulevé ce « désastre », mais le fait de l’aborder repose sur un certain nombre de fondements que nous verront plus loin. Enfin, Michel Stefani « Communiste, Républicain et Citoyen » s’inquiète de la présence d’Easy Jet sur Roissy-Bastia, il n’estime que « les low cost écrèment le trafic… c’est une concurrence déloyale ».
Un débat formel
Tous les élus ont joué leur partition et, à la fin le projet du Conseil Exécutif et de l’Office des Transports de
Un ciel corse en pleine transformation
Depuis la mi Février 2009, le low cost Easy Jet relie Paris C.D.G. à Bastia Poretta. C.D.G. sera relié à Ajaccio au début Juillet. Voire Easy Jet s’installe dans le paysage corse.
Jusqu’à présent, Paris était relié à
Bataille aérienne autour des lignes de Paris
Orly et Roissy, est-ce la même chose ? OUI, répond
Le syndicat peut il porter plainte ? « Qu’il le fasse » dit-on à l’Office des Transports de
La recherche des économies
La concession aérienne qui démarre début Avril 2009 (pour trois ans), permet à l’O.T.C. d’économiser « quatre à cinq millions d’Euros ». C’est ce que dit le PDT de l’Office, Antoine Sindali invité de France 3 Corse dans le journal Corsica Sera du mardi 10 mars 2009. Ces économies sur l’enveloppe de continuité territoriale, seront complétées par d’autres économies réalisées dans le service maritime.
Une enveloppe condamnée ?
D’économies en économies, les représentants des compagnies délégataires du service public (aérien et maritime) craignent une disparition totale des subventions dans les transports. Pour certains observateurs, un fait est troublant : les concessions (aériennes et maritimes) prennent fin, la même année : en 2012. D’ici cette date le principe du financement public des transports pourrait être fortement remis en question. De deux façons :
-La méthode radicale : la disparition totale des subventions. Pour cela, il faudrait que des compagnies puissent assurer des liaisons maritimes et aériennes pérennisées, sans subventions, d’ici trois ou quatre ans. C’est peu réaliste, selon des spécialistes du dossier. La structure du marché corse ne permet pas à des compagnies de vivre, toute l’année sans le complément financier de l’argent public. En revanche, les économies pourraient être encore plus importantes à l’horizon 2012.
-Un service public « minimaliste » :
a) Dans l’aérien : Le service public subventionné demeurerait sur le « Bord à bord » Marseille et Nice, ainsi que sur Orly vers les aéroports secondaires corses : Figari et Calvi. Ces lignes sont considérées comme impossibles à rentabiliser sans subventions. Il resterait une compagnie (publique ?) pour les liaisons subventionnées et un « ciel ouvert » sur les autres lignes.
b) Dans le maritime : Seul le service des cargos mixtes pourrait bénéficier d’une subvention. Cela aurait pour conséquence de maintenir une compagnie de cargos mixtes (S.N.C.M. ou C.M.N.) et une compagnie de car ferries (
Un pari sur l’avenir
Si ce scénario est appliqué, il sous entend plusieurs choses :
Actuellement, la conjoncture économique internationale est mauvaise.
A quoi serviraient les économies réalisées sur l’enveloppe des transports ? A abonder le (maigre) budget de l’Assemblée de Corse, aujourd’hui le plus faible des régions françaises. Pourquoi faire ? Peut être pour subventionner une industrie hôtelière insulaire maigrichonne...Pour allonger la saison et faire venir plus de monde...
C’est un pari risqué. Pas gagné.
![]() |
Participez à la meilleure simulation de skis et gagnez les cadeaux mis en jeu !
et le Club France Télévisions vous permettent d'organiser vos séances de sport quand vous le voulez !
Plus accessible, plus ludique, plus convivial, plus pratique : le nouveau site de Télématin est fait pour vous !
Tout l'univers de PBLV: résumés vidéo, personnages, actu & bonus, VOD et le forum !
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2010 France Télévisions
commentaires